Latempérature est de + de 500° à l’intérieur de la meule. La moindre ouverture peut être fatale et si le feu prend toute la meule brûle. Un mois de labeur difficile part alors en fumée. Mais le plus important est la « conduite du feu ». L’art du charbonnier est de produire du charbon à partir du bois. Le « feu » est son allié Vanneriespiralée cousue, Tresses et bandes nattées, Œil de Dieu, Technique du hochet Exemple d'étapes de fabrication [ modifier | modifier le code] La galerie ci-dessous détaille les Daprès les renseignements de la mission Míchaux-Bellaire \ en 1860 les potiers formaient un groupe de 180 ouvriers et 250 manœuvres, en 1932 il restait 19 potiers ; on attribue cette décadence au fait que les nombreuses norias de cette région maraîchère remplacèrent peu à peu leurs godets de terre par des récipients de fer plus solides 2. Il faut préciser que ce ne cash. Population 81 713 517 habitants. Langue officielle La langue officielle est l´arabe. Langue parlée L´anglais est généralement compris. Le français fait encore partie de l´éducation de tout Egyptien cultivé. Peuple La population égyptienne est majoritairement composée du vieux fond chamitique égyptiens, bédouins, berbères auquel s’ajoutent des apports arabe et nubien. Les minorités arméniens, italiens, français ne dépassent pas 1% du total de la population. Religion L´Egypte pratique l´islam sunnite, branche largement majoritaire dans le monde musulman. Malgré la présence d´une minorité intégriste fort remuante, l´Egypte demeure un pays assez tolérant. Les chrétiens coptes le terme signifie égyptiens représentent environ 8% de la population. Cette confession miaphysite une seule nature - divine - du Christ incarnée ne reconnaît pas l´autorité de Rome. On dit que l´église copte a été fondée par saint Marc en personne. Il reste également environ 20 000 juifs, dont la situation est fonction des aléas de l’actualité. Fête Nationale Attention les jours fériés sont calculés selon le calendrier grégorien. Les jours de fête religieuse, qui ne sont pas fériés, mais souvent chômées, sont calculés selon le calendrier lunaire. 1er janvier Jour de l'an. 25 avril Restitution du Sinaï par Israël. 1er mai Fête du travail. 18 juin commémoration du retrait des Britanniques. 23 juillet Fête nationale, jour de la Révolution nassérienne. 6 octobre Fête des forces armées. 24 octobre Jour de Suez. 23 décembre Fête de la victoire. Calendrier des Fêtes Fêtes religieuses musulmanes* Ramadan août ou septembre. L'Aïd el-Fitr ou Aïd el-Seghir marque la fin du mois de ramadan. L'Aïd el-Kebir ou Aïd el-Adha commémore le sacrifice d'Abraham. Le Mouloud célébrant la naissance du Prophète, au mois de mai. * Les dates de ces fêtes dépendent du calendrier lunaire et changent donc chaque année. Fêtes religieuses coptes deux d´entre elles sont jours fériés nationaux Noël le 7 janvier et Pâques date mobile. Le lundi de la Pâques copte est également férié, l´Egypte tout entière célèbre alors la fête du printemps Cham el-Nessim, antique cérémonie qui remonte à l´époque pharaonique. Histoire Vers 4000 avant il existe déjà un royaume de Haute-Egypte au sud et un royaume de Basse-Egypte au nord. En 3200, le roi Narmer réunit les deux couronnes. L’Ancien Empire sera le creuset de la civilisation égyptienne. Le système des hiéroglyphes est mis en place. Les pyramides de Saqqarah et du Caire sont édifiées pendant cette période dont la divinité tutélaire est Horus, à tête de faucon. Et puis l’empire se morcelle. Mais, vers 2000, le Moyen-Empire débute, qui verra le transfert de la capitale à Thèbes Louxor et la mise en valeur du Fayoum et du delta du Nil. Amon, à tête de bélier, préside aux destinées de ces dynasties. Cela n’empêche pas l’Empire de se défaire à nouveau. Les Hyksos bédouins s’installent au nord ; les princes thébains règnent encore en Haute-Egypte. En 1500 cependant, le roi thébain Amosis écrase les Hyksos le Nouvel-Empire va durer jusqu’en 945 avant C’est une période brillante pour l’Egypte, présente dans tout le Moyen-Orient. Les noms de Toutankhamon et Nefertiti illustrent la XVIIIe dynastie, celui de Ramsès II la XIXe. C’est l’époque de l’hérésie d’Akhenaton, qui prétend remplacer le culte d’Amon par celui du dieu solaire unique Aton ; l’époque aussi de l’Exode des Hébreux. Pourtant, l’Empire est affaibli par des déséquilibres internes ; au nord, des Berbères pénètrent dans le delta, les Nubiens font sécession au sud et, bientôt, les Perses raflent la mise. La situation demeure instable, jusqu’à ce que survienne Alexandre le Grand, qui balaie les Perses, se fait reconnaitre comme dieu et fonde Alexandrie. La mort l’emporte jeune et l’Egypte échoit à Ptolémée. Celui-ci reprend les choses où son mentor les a laissées phare et bibliothèque d’Alexandrie, canal du Nil à la Mer rouge, restauration des grands sanctuaires. Les Grecs offrent trois siècles de grandeur à l’Egypte. Mais, hélas, leur dernière reine, Cléopâtre, manque de nez quoi qu’on en ait dit ; elle prend le mauvais amant et l’Egypte est colonisée par Rome. Pax romana donc et un évènement majeur, l’essor du christianisme, qui deviendra religion d’Etat. Ensuite, les choses iront leur train byzantin jusqu’à ce qu’en 639 les arabes envahissent le pays. L’Egypte vit alors au rythme des dynasties arabes musulmanes omeyyades, abbassides, fatimides chiites qui fondent Le Caire. Au XIIIe siècle, Saladin rétablit l’orthodoxie sunnite et contre les croisés saint Louis est fait prisonnier à Mansourah. Puis les mamelouks prennent le pouvoir ; autoritaires et centralisateurs, ils n’en sont pas moins des entrepreneurs avisés et le pays tire bénéfice du commerce entre l’Orient et l’Occident, dont il est une plaque tournante. Mais l’ouverture de la route méridionale vers les Indes ruine le régime et, en 1516, les Turcs s’emparent de l’Egypte. Elle sera donc administrée par des pachas. L’expédition de Bonaparte 1798-1801 la remet au contact de l’Occident. Et l’Occident à son contact l’égyptologie nait à cette occasion. L’Empire ottoman a été ébranlé dans l’un de ses jardins. Ce sont pourtant les Turcs qui installent le fondateur de l’Egypte moderne, le pacha Mehmet Ali. S’étant débarrassé sans états d’âme de mamelouks peu fidèles à la Sublime Porte, il consacrera 40 années au développement économique irrigation, routes du pays. Ses successeurs prirent le titre de khédive et s’assurèrent une autonomie de fait. En 1869, Ferdinand de Lesseps supervise le percement du canal de Suez. Le commerce reprend le chemin de l’Egypte. Les Anglais en prennent ombrage et s’installent en 1882. Ils imposent le protectorat en 1914, puis le font confirmer après que les Ottomans aient perdu la Première Guerre mondiale du côté allemand. Le haut-commissaire britannique est, dès lors, le patron de l’Egypte. Pendant ce temps, le mouvement national égyptien se développe. En 1922, l’indépendance est négociée avec les Britanniques ; la tutelle demeure. 1936, nouvel accord sur le retrait des troupes de sa gracieuse majesté elles partent tout en restant. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Egypte est un bastion allié. La création de l’Etat d’Israël change la donne dans la région. L’Egypte participe aux guerres israélo-arabes dès 1948. Un coup d’Etat militaire chasse le roi Farouk en 1952 et, bientôt, Gamal Abdel Nasser 1918-1970 préside aux destinées du pays, dont il fait l’un des phares du tiers-monde. Il noue des liens étroits avec l’URSS et nationalise le canal de Suez, en 1956 l’intervention franco-britannique échoue fin d’une époque. Anouar el-Sadate 1918-1981 lui succède et sa politique marque une nette inflexion partenaires économiques renouvelés et arrêt des conflits à répétition avec Israël accords de Camp David en 1978, retour du Sinaï. Son assassinat en 1981 situation intérieure tendue consterne le monde. Hosni Moubarak né en 1928 hérite d’un pays qui s’est acquis un vrai rang dans le concert des nations. Et qui s'est acquis une maturité politique suffisante pour lui signaler en 2011 que tous les règnes ont une fin. Depuis, le président Morsi Frères musulmans, sorti des urnes, a été renversé et l’armée a repris les rênes. Célébrités Gamal Abdel Nasser 1918-1970 le Raïs. Le jeune colonel Nasser prend le pouvoir en 1952. Nationaliste, laïc, marxiste, il assouplira, avec le temps, ses positions. Sa personnalité flamboyante en fit un des leaders du tiers-monde. Il a jeté les bases de l´Egypte contemporaine. Naguib Mahfouz 1911-2006 il fallait un prix Nobel à l´Egypte, ce fut Mahfouz littérature, 1988. Ses romans décrivent une société égyptienne balançant entre deux civilisations. Mahfouz n´a pas révolutionné le style, mais la lecture de l’un de ses livres est toujours un moment de plaisir et d’intelligence. Oum Kalsoum morte en 1975 la chanteuse arabe. Voix d’exception et flamboyante militante de la cause arabe. Passionnée à l´excès, elle ne s´est pratiquement jamais produite en Europe. Elle acquit, dans tout le monde arabe, une réputation à la mesure de son talent et eut, à sa mort, des funérailles nationales. Dalida 1933-1987 née Yolanda Gigliotti, au Caire, dans une famille italienne. Elle roulait les r » comme personne, ou presque, n´ose plus le faire. Le r » dalidien que les linguistes nomment apico-vélaire » signale l´Egyptienne plus sûrement que le passeport. Figure de proue du trio des chanteurs français d´Alexandrie, qui comptait aussi Claude François et Georges Moustaki. Omar Sharif né en 1932 il se dit égyptien, certains le prétendent libanais… Ne chipotons pas, ses prestations dans Lawrence d´Arabie ou Le docteur Jivago l’ont fait adopter. Robert Solé né en 1946 Né en Egypte, journaliste au Monde, où il a remplacé Jean Lacouture, né à Bordeaux. L´un écrit sur Mehmet-Ali, l´autre sur Mauriac. L´un décrit le Nil, l´autre la Garonne. Contrairement aux apparences, Le Monde ne change pas... Boutros Boutros-Ghali né en 1922 ancien secrétaire général de l´ONU 1992-1996. Infatigable combattant de la paix, il est l´archétype de l´Egyptien humaniste. Savoir-vivre Il est urgent d’aller en Egypte. Pourquoi ? Parce que c’est toujours aussi sublime, que la saison est idéale, que c’est moins cher que d’habitude et que l’on peut visiter les sites pratiquement seul ! Enfin, il n’y a aucun souci de sécurité. A tous ceux qui doivent partir et nous demandent s’il y a des risques, nous répondons non » sans états d’âme. Nous avons de bons contacts sur place, qui nous informent jour par jour. Il n’y a aucun problème ; nos clients qui, pour certains sont partis avec leurs enfants, en témoignent. Alors, profitez de l’aubaine ! Contrairement aux apparences médiatiques, c’est vraiment le moment de partir. Enfin, ce faisant, vous conforterez le peuple égyptien, qui se désespère de ne plus voir de voyageurs ; vous l’aiderez à construire sa démocratie. Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l´assurance qu´il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d´usage dans la quasi-totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque l´on a été satisfait du service. En ce qui concerne le personnel local porteurs, serveurs… les usages sont très variables. Le mieux est d’aligner votre pourboire sur l´économie du lieu le prix d´un soda ou d´un thé, d´un paquet de cigarettes, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d’estimer son montant. Vous pouvez également noter les estimations suivantes en livres égyptiennes, validées par nos spécialistes porteur, 4 à 10 livres ; femme de ménage, 20 livres par jour ; dame pipi », 2 livres ; gardien de site, 10 livres pour un travail satisfaisant ; guide, 100 livres par jour et par personne ; chauffeur, 60 livres par jour et par personne. Dans les petits hôtels, laisser l’équivalent de 60 livres par jour dans une enveloppe à la réception, cette somme sera partagée entre les membres du personnel. Cette pratique n’a pas cours dans les grands établissements internationaux. Pour le Sudan et la Flâneuse, tous les pourboires sont inclus dans nos prestations. Au restaurant, laisser environ 10% du montant de l’addition. L´Egypte est un pays musulman et impose, à ce titre, le respect de quelques règles particulières de savoir-vivre - de façon générale, on se déchausse avant d´entrer dans une pièce ; c’est impératif lorsque l´on voit des chaussures déjà déposées près de la porte ; - les femmes, en particulier, éviteront les tenues provocantes mini-jupes ou décolletés plongeants ; elles se couvriront la tête pour visiter les mosquées du Caire dans ce seul cas ; - si l´on est invité à partager un repas familial, on attendra pour commencer que le maître de maison ait dit bismillah » au nom de dieu » ; on mangera de la main droite et on goûtera à tout sans pour autant se croire obligé de finir son assiette ; - on ne photographiera jamais une personne sans lui en avoir demandé l’autorisation ; - pendant le ramadan jeûne, on évitera de boire, de manger et de fumer en public pendant la journée. On n´hésitera pas à donner un bakchich si l´on estime qu´un service rendu le mérite. On se gardera pourtant de céder à toutes les demandes. Le bakchich doit correspondre à un service effectif. Ayez donc toujours de la monnaie en livres égyptiennes pour les pourboires et les menues dépenses prix moyen d’un repas, 60 livres - 5 euros ; prix moyen d’une course en taxi, 20 livres - 1,5 euro. Si le cas se présente, on évitera en revanche d'encourager la mendicité, notamment celle des enfants, en faisant des distributions sauvages » dans la rue. Si l'on souhaite apporter son aide en fournissant du matériel scolaire, des vêtements ou des médicaments, il est préférable de les remettre au directeur de l’école, au chef du village ou au dispensaire le plus proche, qui sauront en faire bénéficier les plus démunis. Achat D´abord, aucune antiquité. Comme nous l’a dit un Egyptien francophone Ici, c´est tout antiquitoc ! ». Ne craignez pas les interdictions de sortie du territoire pour les objets anciens, vous n´aurez pas l´occasion de les enfreindre. Sachez que tout objet ancien est neuf ! Et ne pensez pas que vous avez l´œil, que vous connaissez les patines... Les faussaires égyptiens les connaissent mieux que vous. L´artisanat est très varié, comme dans tous les pays arabes. Les bijoux, en particulier, sont bon marché or à 18 carats. Pour le reste vannerie, dinanderie, tapis… vous n´aurez que l´embarras du choix. Malgré tout, attention aux arnaques vérifiez que les tapis soient bien noués à la main ; que les vases, en albâtre ou en métal, soient bien étanches... Ne prenez pas des vessies pour des lanternes les marchands égyptiens inventent de magnifiques histoires pour vous faire croire qu´un objet est centenaire, voire millénaire. Mais, après tout, l´essentiel, c´est qu´il vous plaise ! Les épices sont innombrables et les prix tout à fait raisonnables, sauf pour les produits très rares ou d´importation lointaine, comme la vanille. Le marchandage est une institution. N´hésitez pas à discuter longuement, les marchands adorent ça. Il serait abusif de prétendre que la cuisine égyptienne soit la meilleure de Méditerranée orientale. Même si la base est commune pois chiches, blé concassé, semoules, fèves l´Egypte manque de quoi accommoder. Peu d´élevage y compris de volaille, peu de pêche, pratiquement pas de gibier n´attendez pas de miracles gastronomiques. Les Egyptiens se nourrissent. Comme partout dans la région, vous aurez droit aux traditionnels houmous purée de pois chiches, tahina purée de sésame ou aux nombreuses soupes, dont les recettes varient en fonction des ingrédients disponibles. Le repas est souvent servi dans de petits plats comme les mezze libanais. Mais vous ne mourrez pas de faim dans les petits restaurants de campagne, demandez donc le foul, sorte de soupe tirant sur le ragoût, auprès de laquelle la potée auvergnate semble une spécialité de régime. Boisson L´eau, bien entendu. De préférence en bouteille capsulée, la nappe phréatique n´étant pas exempte de pollution. L’eau courante, officiellement potable, n’est pas aux normes européennes. Le thé et le café sont deux vieux compagnons de l´Egyptien. Le premier est servi brûlant, parfois à la menthe mais il faut le demander expressément ; le second est préparé à la turque. L’un et l’autre sont servis sucrés. Les jus de fruits frais sont innombrables, délicieux et servis glacés. Mais souvent allongés d´eau voir le premier alinéa. En conséquence, choisissez d´abord le lieu où vous les boirez. La boisson phare est le karkadé, infusion de fleurs d´hibiscus, servie soit chaude, soit glacée. Chaude, vous êtes sûrs de son innocuité. Et c´est excellent contre l´hypertension. Ce qui intéresse en effet l’historien et l’anthropologue, c’est l’arrière-plan intellectuel dont témoigne le fil de la narration, le cadre sur lequel il est tissé, ce qui ne peut être décelé qu’à travers la comparaison des récits,par le jeu de leurs écarts et de leurs Vernant, L’Univers, les Dieux, les Hommes 1C’ est l’histoire d’un être qui n’a qu’un seul côté, telle qu’elle est racontée dans la société de Kei. Quel est le tout pour lequel est prise cette partie? Que signifie une telle histoire dans le contexte de cette société particulière? Thème 1 Françoise Héritier a fait la même remarque dans Moitié d’hommes, pieds déchaussés et sauteurs à c ... 2Contrairement à Rodney Needham qui pense que le thème des figures unilatérales, sans être universel, est largement répandu dans le monde, on pourrait s’étonner de ne pas le trouver partout. Quoi de plus facile, pour la pensée mythique, que de transformer l’image du corps en toutes formes possibles et imaginables, notamment de le couper en deux? Les corps sont si souvent tronqués, estropiés, métamorphosés, transfigurés Godelier and Panoff 1998a, 1998b qu’on ne comprend pas pourquoi ils ne sont pas non plus universellement ainsi divisés1. Pas plus d’ailleurs que l’on ne trouve de façon universelle l’autre transformation logiquement opposée à la dichotomie celle du corps géminé. Fréquentes, en effet, sont les figures doubles, visage de face, visage de dos, dans le mythe comme dans les expressions plastiques. Réduire le corps ou le répéter, y a-t-il une corrélation entre ces deux possibilités de l’imaginaire? Est-ce une question de point de vue? 2 Cf. Barraud 1972. 3Visuellement, l’expression plastique nous montre à quel point ces formes sont des chausse-trappes l’ornement de proue de pirogue qui figure un profil d’homme représente-t-il un homme coupé en deux ou bien démontre-t-il l’impossibilité du regard d’embrasser simultanément les deux côtés? L’autre ornement de pirogue qui au contraire, en ronde-bosse, présente un visage complet de chaque côté joue-t-il aussi sur l’obligation de conceptualiser immédiatement ce qui se présente au regard humain2? La pirogue va de l’avant, que deviennent ces figures vues de devant »? Les figures nous paraissent unilatérales, les unes sont souvent décrites comme des moitiés, les autres renvoient au modèle bifront. 4Centaure, sphinx ou sirène, lorsque la partition est horizontale, nos mythes parviennent facilement à donner une identité à ce mi-humain, mi-animal, et nous semblons moins troublés. Serait-ce parce que l’œil d’un seul regard saisit l’ensemble, le tout, formé par le monstre? 5Si l’expression plastique est bornée par la contrainte du regard, le mythe, en revanche, ne supporte de limitations que conceptuelles et laisse libre cours à l’imagination. Devant ses infinies possibilités, le choix d’une coupure longitudinale ou horizontale d’un corps, ou d’un doublement du corps n’est pas anodin. 6Figures unilatérales, ou demi-corps, œil unique ou jambe unique, Un Côté, le référent est pour eux tous un corps qui semble à nos yeux poser le modèle visuel d’une entité, d’un tout. Ces expressions mythiques supposent la complétude du corps en donnant à voir le défaut de complétude, l’entier et sa division par deux, la symétrie et le défaut de symétrie. La figure double présuppose l’unité du un » répétée deux fois, l’unilatéralité suppose l’unité divisée en deux. Il reste alors à explorer, dans chaque société, non seulement comment est constitué ce tout, mais aussi comment sont conçues la symétrie et l’asymétrie, dans le cas présent, en référence à l’harmonie du corps humain et tenter de répondre à la question une partie, mais de quoi? Ou encore, comment le corps d’un d’être humain est-il conceptualisé? 7Rodney Needham hésite. En l’absence d’indications précises, la latéralité, – sous-entendu celle d’une opposition droite/gauche –, lui semble secondaire par rapport à la dichotomie 1980 31 – sous-entendu, celle d’un entier en deux parties symétriques what has to be imagined is the lateral half of a symmetrical body parted longitudinally » ibid. 20 et l’exergue ibid. 17 –, proposition reprise aussi par Françoise Héritier 1996 173. Nos deux auteurs penchent pour la symétrie du corps entier. 8L’image ou la figure d’êtres et de choses tronqués ou incomplets par défaut d’une partie d’eux-mêmes, suggérée par les histoires, les représentations, les formes visuelles, fait référence à des complétudes définies par des systèmes d’idées et de valeurs différents d’une société à une autre. L’idée de moitié, qui nous vient naturellement à l’esprit devant un corps coupé en deux, implique une égalité mathématique ; celle-ci pourrait faire défaut à des systèmes de pensée différents des nôtres. Il s’agit de savoir si un terme qui signifierait une moitié pourrait s’opposer logiquement à un terme qui signifierait une partie de quelque chose. Si l’idée de la division en deux parties égales, impliquée dans le mot moitié, n’est pas exprimée à Kei par un mot la traduisant exactement, du moins toutes références à des parties, des morceaux, des côtés, renvoient, comme notre idée de moitié, à celle d’un tout, d’une totalité, d’un entier, d’une complétude. La nature, la forme, la fonction et l’expression de cette complétude restent donc à comprendre lorsque l’on est interpellé par une histoire, un mythe, un conte, où les êtres en présence montrent, en apparence ou dans leur apparence, des signes de division, de non-complétude. La qualité du mythe est bien là à travers une image, un acte non ordinaire présenté dans une histoire au minimum perçue comme mythe » Claude Lévi-Strauss cité dans Détienne 1981 15, on donne à voir quelque chose de significatif. La portée du significatif » en question est variable on peut, comme Rodney Needham, s’efforcer de comprendre l’universalité de l’esprit humain ; on peut tenter de comprendre les faits rapportés à une société particulière. Les deux voies ne sont pas incompatibles. 9À la suite de Jean-Pierre Vernant cité en exergue, je choisis d’abord la seconde démarche l’analyse de la spécificité locale d’un mythe. Le thème, interprété à partir d’un contexte spécifique, peut servir ensuite de jalon pour la comparaison de traits sociologiques repérés dans d’autres sociétés. 10Il n’existe à Kei qu’une seule histoire d’un être coupé en deux, dans les deux versions présentées ci-dessous. Recueillies à plus de soixante ans d’écart, dans deux régions où les différences linguistiques sont notables, ces deux versions témoignent de transformations importantes dont il paraît bien hasardeux de vouloir analyser les étapes. Pourtant, fait remarquable, dans le contexte particulier de cette société, l’argument est resté le même – quête du côté manquant auprès du dieu et délivrance d’un message. Contexte 3 L’archipel de Kei se situe dans les Moluques du Sud-Est, en Indonésie de l’Est. Les recherches sur ... 4 La maison est l’unité sociale minimale, exogame, nommée ; c’est aussi une habitation. Composée de d ... 11Faut-il dire qu’à Tanebar-Evav3, je n’ai jamais été très impressionnée par les petites histoires ou mythes – je n’ai jamais pu décider du terme – que l’on me racontait au hasard de la conversation? Par rapport à la pléthore de rituels qui scandent presque quotidiennement les activités des aînés des maisons4, aidés de leur famille ; par rapport à l’abondance d’occasions cérémonielles, où femmes et hommes chantent, s’épuisent, se relaient et se répondent des nuits entières à coups de strophes et de refrains à peine traduisibles dans le langage courant ; par rapport aux innombrables assemblées d’aînés et de vieux où les arguments tombent à coups de dictons et de proverbes pour résoudre le problème du jour ; par rapport à la profusion de noms qui fixe en un ordre immuable l’histoire du moindre espace à l’intérieur du village et de la forêt, les mythes ou petites histoires semblent surajoutés, de peu d’importance et font figure de parents pauvres. À l’époque de la fièvre mythique qui secouait l’anthropologie – les années 1970, rappelle Jean-Pierre Vernant 1999 8 –, et travaillant dans une région où les mythes étaient depuis des décennies une source de réflexion Van Wouden 1968, et où les grands récits d’ancêtres plantaient le décor de l’émergence des sociétés Berthe 1972, je cherchais des mythes et je restais déçue. Les conteurs n’étaient pas en cause certains étaient intarissables, mais ce qu’ils racontaient ne ressemblait pas à des mythes ». Combien d’histoires de guerres, de hauts faits, de victoires sur les voisins n’ai-je pas entendues, ponctuées de chants et souvent d’une liste de noms de lieux-dits terres données en compensation qui garantissaient la véracité des faits? 5 L’archipel est composé de deux îles principales, la Grande Kei ou Kei Besar et la Petite Kei ou Kei ... 12Un missionnaire néerlandais, H. Geurtjens, avait publié dans les années 1920, un recueil d’une quarantaine de mythes et d’histoires pour l’ensemble de l’archipel de Kei5 dans lequel chaque histoire commençait par Sar toem-toem labo, il était une fois », expression que je n’ai pas une fois entendue lors de mon séjour ! Dans mon propre fichier, certaines histoires sont classées selon le titre donné par le conteur, sous le nom de tom, d’autres sous celui de fun. Fun, c’est la guerre, il s’agit donc d’un récit de guerre. Tom, c’est une histoire, c’est même le fondement de l’origine, de l’Histoire. L’emplacement du village originel est appelé oho tom, cette même expression désigne parfois le cimetière, et le terme tom entre dans l’expression qui désigne une relation ancestrale entre deux maisons. C’est dire que si les mythes sont peu racontés, mal connus, leurs versions nombreuses, variables et contestées, s’il n’y a pas de grands mythes d’émergence ou de grandes épopées qui se rapporteraient à l’ensemble des sociétés de l’archipel, les mythes ont une place à part à Kei, comme peut-être ailleurs, au fondement de la tradition, Adat, et à l’origine des relations. Il faut alors leur reconnaître la valeur que leur donne les Keyois eux-mêmes et s’efforcer d’en rendre compte. Comme l’écrit André Iteanu 1996 45 en introduisant la lecture de mythes de Papouasie-Nouvelle-Guinée On peut dès lors croire qu’au-delà des circonstances particulières de son énonciation, la société ne produit pas un genre de récit sans lui conférer une valeur particulière en rapport avec les autres institutions ». À ce titre seulement, je me risquerai à l’exercice périlleux de leur interprétation. 13Dans les textes recueillis par H. Geurtjens comme dans ceux que j’ai moi-même collectés à Tanebar-Evav sous le nom de tom, il faut distinguer les histoires extrêmement localisées, servant de points de repère et venant à l’appui de l’existence de réseaux d’amitiés, de conflits à l’intérieur ou entre villages, de droits sur les terres, et d’autres, comme celles que j’évoquerai ici, qui sont hors du temps et de l’espace de la société, ne précisent aucun nom de lieu et dont les thèmes reviennent souvent voyage entre le monde des vivants et le monde des morts, relations entre les mondes céleste, de la surface de la terre, souterrain et sous-marin, métamorphoses des êtres homme animal chose, héros ou héroïne comme dernier d’une série de sept germains ou conjoints, monstres et êtres humains dotés de capacités extraordinaires, mariages et trahisons, échanges somptueux, histoires opposant les nobles et les non-nobles, don ou vol du feu et découverte de la cuisson. Parmi ces thèmes, le cas unique de l’histoire d’Un Côté est énigmatique, même si le thème apparaît souvent en Asie du Sud-Est. Tentons de lui arracher son secret. Le mythe d’Un Côté 14L’histoire de Ko Kakidin, celui [qui n’a qu’] une partie », m’a été racontée par Turan Feli en 1973 à Tanebar-Evav. De loin celui qui m’a le plus transmis son savoir sur la société, Turan Feli, vers la fin de mon séjour, me racontait pêle-mêle tout ce qu’il lui semblait ne m’avoir pas encore raconté, de jour, de nuit, en présence ou non de membres de sa famille. Ainsi, sans encore que je sache pourquoi, cette histoire m’a été racontée après l’histoire du serpent Tom Nif et avant l’histoire du pauvre Tom Ko Kasian. 6 Appelés lenar à Kei, ketupat en langue indonésienne, ces petits paquets dans lesquels est cuit le r ... Texte IUn enfant réclame et on lui donne tout ce qu’il demande. Devenu plus grand, il ne donne qu’un peu, une partie kakidin [quand on lui demande quelque chose], ne donne jamais rien en entier kinomóm à personne. Il grandit et devient adulte, c’est une jeune fille, ses parents la marient, et cela continue comme poisson, elle n’en donne qu’un morceau seulement oan, la noix de coco aussi, elle n’en donne qu’un morceau kakidin. Elle accouche d’un enfant, le torse de l’enfant n’a que le côté droit, il n’y a pas de côté gauche, le torse n’a qu’un côté. Elle a honte, même de regarder son mari. Il [l’enfant] grandit, il va à l’école, les enfants jouent ensemble, mais il bat ses camarades dont les parents se plaignent. Ils disent que les gens qui ont deux côtés, leur intérieur [c’est-à-dire leurs sentiments, leur caractère] a deux côtés aussi, mais ceux dont le torse n’a qu’un côté et de plus, le côté droit seulement et pas de côté gauche, ils ne peuvent qu’être en colère tout le temps contre tout le grandit, il devient adulte, il réfléchit et dit à sa mère Mère, prépare-moi des provisions de route pour que je parte. » Elle demande Où vas-tu? » Il dit Je vais chercher le côté gauche de mon torse. » Elle lui prépare ses provisions, dix-sept paquets de riz6, il part. Il gravit une montagne, la redescend, il continue, il gravit ainsi les sept montagnes, il monte jusqu’à Dieu. Un vieil homme est là, gardien de la porte, qui lui demande Eh! toi, Un Côté, où vas-tu? » Je vais chercher le côté gauche de mon torse. » Va par là, va là-bas et demande au Seigneur. » Il arrive auprès de Dieu lui-même. Dieu lui demande Où vas-tu? » Je viens chercher le côté gauche de mon torse. » Il dit S’il en est ainsi, attends. » Il appelle le gardien de la porte et lui dit Viens maintenant, suis-moi, ouvre cette pièce, et jette celui-là qu’il descende là-dedans. Puis reviens, verrouille solidement la porte, laisse-la comme ça jusqu’à ce que je t’appelle et alors tu l’ouvriras. »La porte reste ainsi depuis le matin jusqu’à midi puis Dieu arrive. Il dit [au vieil homme] C’est bon, va chercher une serviette et un pantalon pour que quand il [on suppose alors que c’est un garçon] sortira, il la prenne et s’essuie. Prends une chemise et un pantalon, quand il sortira, tu lui donneras pour qu’il se change, puis, qu’il vienne me voir pour que je lui parle. »Le vieil homme va, ouvre la porte, le voit qui est là [le garçon], entier de nouveau, son corps est comme le nôtre. Le garçon prend la serviette et s’en enveloppe, puis il vient, il change sa chemise et son pantalon. Le vieil homme lui dit Le Seigneur m’a dit de t’accompagner jusqu’à lui. »Il l’accompagne, Dieu lui donne à manger, puis dit Assieds-toi que je te parle. Mon conseil est celui-ci, pour toi et pour ta mère, c’est un conseil pour tous les deux. Tu n’avais qu’un côté parce que ta mère, depuis toujours [depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte] et après que tu sois né, quand elle donne quelque chose à quelqu’un, elle ne donne qu’un morceau seulement oan, elle ne donne qu’un peu kakidin. Je t’ai donc fait comme cela comme preuve de son égoïsme avec les gens. Va et dis à ta mère et à ton père qu’ils promettent quarante-quatre fois de ne plus jamais donner comme cela. Si les gens vous demandent un peu, donnez-leur tout ce que vous avez ; allez alors demander à d’autres de vous donner quelque chose. Si quelqu’un vous demande beaucoup, partagez en parts égales pour que vous ayez tous deux la même chose. Il ne faut pas que vous ayez beaucoup et les autres rien. » Il [Dieu] s’en va en disant N’oublie pas mon conseil, aujourd’hui tu es un humain, mais si tu l’oublies, demain tu ne seras plus un humain. »Il [le garçon] s’en retourne et les gens de son village s’étonnent Celui-là qui descend vers ici, on voit son corps, on dirait un étranger. » Ils lui demandent D’où viens-tu? » Il dit Je suis allé chercher mon côté, et Dieu a fait en sorte que je sois entier. » Ils disent Sais-tu ou non qui t’a fait entier? » Il dit Je sais son nom. » Alors dis-le. » Il dit Attendez que je rapporte d’abord à ma mère les conseils, que je lui dise pourquoi je n’ai qu’un côté et pourquoi je suis de nouveau entier comme ça. » Il raconte tout à sa mère et à son père et quand il eut fini, ils demandèrent Comment es-tu devenu un homme entier? » Il dit Celui qui est gardien de la porte a parlé à Dieu [lui a expliqué pourquoi j’étais venu] et Dieu a donné ses ordres à Djibrail, [celui-ci] m’a jeté dans l’eau, je suis resté [à flotter] dans l’eau et quand mes deux côtés ont été entiers, Djibrail est venu me chercher et m’a ramené vers Dieu, et Dieu m’a donné tous ses conseils et je suis parti. » Les hommes égoïstes… 7 Les traductions données par H. Geurtjens 1921 sont les suivantes ko petit, peu, quelqu’un de ... 15Voici l’autre histoire, recueillie par le missionnaire néerlandais au début du siècle, soixante ans auparavant ; elle porte le même nom que celle de Tanebar-Evav, Ko Kidkidin, celui qui n’a qu’un côté ». H. Geurtjens traduit ce terme par La moitié d’homme »7 De halfmensch, Geurtjens 1924 182. 8 Les maisons étaient traditionnellement sur pilotis. On y accède en grimpant sur une courte échelle. 9 Tobór litt. toucher terre, entrer en contact avec le sol de la terre et ici, sortir de la maison ... 10 Nom d’un village à Kei. 11 Nom d’un village à Kei. 12 Nom d’un village à Kei. 13 Ce terme signifie roi » en langue indonésienne. À Kei, sous le nom de rat, c’est un titre d’empru ... 14 À Kei, on utilise souvent comme écope la coque vide du coquillage jer Cymbium armatum. 15 Ub pot en terre cuite dans lequel on conserve l’eau. Texte IIUn jour, une femme veut faire sécher ses pois, ses lentilles et ses haricots rouges. Elle les met dans les plateaux en vannerie ronde, et descend de la maison8 pour les faire les descend, il pleut. Elle ramasse ses plateaux, et remonte dans la maison. Une fois remontée, le soleil brille à nouveau. Elle redescend ses plateaux. Elle redescend, très vite il pleut de nouveau. Elle n’est pas contente, elle remonte ses plateaux dans la maison. Elle remonte, le soleil se met à percer brillamment et elle s’écrie Ah! Dieu! on dirait aujourd’hui que tu veux couper les hommes [humains]en deux côtés. »Elle redescend ses plateaux pour mettre à sécher ses pois, ses lentilles, ses haricots rouges, elle se dépêche de tout descendre et tout de suite il pleut à nouveau. Elle est très en colère et dit Ah! Dieu! on dirait aujourd’hui que tu veux diviser les parties génitales en deux. » Elle remonte ses plateaux à l’intérieur de la maison, la pluie a cessé de nouveau. Elle est furieuse alors et dit Je les laisse maintenant! Ah! Dieu! On dirait aujourd’hui que tu veux fendre les gens en deux côtés. »Peu de temps après, la femme accouche d’un garçon, le petit n’a qu’un côté, le visage n’a qu’un côté, jambe et bras ne sont que d’un côté, le torse n’a qu’un côté, tout n’a qu’un côté. Sa mère a honte de son enfant qui n’a qu’un côté, elle le cache à l’intérieur de la maison. Puis le petit grandit et devenu assez grand, il dit un jour à sa mère Mère, fais-moi un arc et des flèches que j’aille chasser les oiseaux. » Sa mère dit Oh là, là! Tu n’es pas encore une fois dans ta vie sorti9 de la maison, tu n’es qu’un côté seulement, les gens vont te voir, ils vont se moquer pour sûr. Un arc et des flèches pour toi? Non, laisse cela. » Mais le petit dit à nouveau Mère, mais si, fais-les pour que j’aie un arc et des flèches. » La mère dit Si tu étais un homme entier, d’accord, mais tu n’es qu’une partie d’homme, laisse cela. » Mais le garçon répète encore Eh bien! Si c’est comme ça, mère, fais-moi un arc et des flèches que j’aille chercher mon côté. » Alors sa mère lui fit un arc et des flèches et aussi une canne et prépara des provisions de route pour que Un Côté aille chercher son s’en allant, Un Côté dit à sa mère Si je n’arrive pas jusqu’à Dieu pour demander mon côté, mort ou vivant, je ne reviendrai pas ; mais si j’ai mon côté, alors je reviendrai. »Un Côté marche longtemps, comme pour aller à Sathean10, quand il atteind un village. Un homme le voit et lui demande Eh! Un Côté, où vas-tu? » Un Côté dit Je vais jusqu’à Dieu, je vais chercher mon côté. » L’homme lui dit Puisque c’est ainsi, si tu parviens jusqu’à Dieu, peux-tu lui parler de mon problème? » Il dit Quel est ton problème? » L’homme dit Tu vois, je n’arrête pas de faire des allers et retours pour aller chercher de l’eau. [Le temps de revenir], j’ai soif, je bois tout et je dois à nouveau aller puiser de l’eau, je puise de l’eau, je ne fais que cela, et je n’ai pas le temps de rien faire d’autre. » Le petit dit Attends que je revienne, que je sois parvenu jusqu’à Dieu et que je lui demande. » Un Côté s’en va, marche longtemps, comme pour aller à Faan11. Il voit un homme dans son cocotier qui extrait du vin de palme. Il lui demande Eh! toi, Un Côté, où vas-tu? » Il répond Je vais jusque-là où habite Dieu, pour chercher mon côté. » L’homme lui dit Si c’est ainsi, si tu parviens jusqu’à Dieu, peux-tu lui parler de mon problème? » Il dit Quel est-il? » Il dit Vois-tu, je suis assis ici à laisser s’écouler le vin de palme, mais il s’écoule si lentement, je reste assis là sur le sommet du cocotier, je reste là à attendre et je ne peux rien faire d’autre. Si tu lui demandes ce que je dois faire, je pourrais m’arrêter un peu. » Il lui dit Attends que je revienne, que je sois parvenu jusqu’à Dieu et que je lui demande. »Le petit repart, il marche et arrive dans un village, aussi loin que Hangoer12. Alors qu’il s’approche, des enfants voient Un Côté arriver, se moquent de lui et s’écrient Venez voir cette chose différente, quelqu’un qui n’a qu’un côté de corps. » Le petit a honte et demande Y-a-t-il un raja13 dans ce village? » Ils disent Oui, il y en a un. »L’enfant monte dans la maison du raja, le raja lui demande Où vas-tu? » Le petit dit Je veux aller jusqu’à Dieu pour demander mon côté. » Le raja dit Eh! Un Côté, même les enfants se moquent de toi, comment penses-tu parvenir jusqu’au Grand Dieu? » Le petit dit Les moqueries de mes camarades ont fait que [la connaissance de] ma honte est déjà parvenue à Dieu, je veux aussi parvenir jusqu’à Dieu pour demander mon côté. Je ne veux pas rester ainsi un homme différent. » Le raja dit S’il en est ainsi, reste ici dans ma maison, attends et ce soir tu verras. »Alors le soir, le Seigneur Dieu apparaît, et demande à Un Côté Qu’as-tu à demander? » Il dit Je veux demander mon côté parce que, comme je suis, là, les gens me voient et rient et j’ai honte. » Le Seigneur Dieu demande Comment se fait-il que tu n’aies qu’un côté comme cela? » Le petit dit Je ne sais pas. Quant à savoir à quel endroit se trouve mon côté, je ne sais pas, je sais seulement que ma mère m’a donné naissance sous cette forme. » Le Seigneur Dieu dit Moi je sais tout, je sais pourquoi tu es comme cela. Retournes-toi seulement, que je t’arrange ton côté pour que tu sois de nouveau entier. Mais quand tu seras de retour, dans ton village, dis à ta mère que la prochaine fois qu’elle blasphème comme ce jour-là, il faut qu’elle sache, qu’elle en subira les conséquences encore plus fortes et sur son propre corps. »Alors Dieu recompose Un Côté en homme entier et demande As-tu quelque chose d’autre à dire? » Le petit dit Oui, j’ai encore à demander, ce que les deux hommes m’ont demandé ». Puis il repart. Il s’en retourne, en chemin il voit l’homme en train d’extraire son vin de palme, qui reste tout le temps au faîte du cocotier. L’homme demande Alors mon problème, qu’en est-il? » Le petit répond Oh! imbécile! Dieu te dit de prendre un tube de bambou que tu suspendras [où s’écoulera le vin de palme] et que tu iras chercher le matin et le soir. » Il repart, et voit l’homme en train de puiser toujours de l’eau. Cet homme lui demande Et mon problème, qu’en a dit le Grand Dieu? » Le petit dit Oh! Imbécile! Qui t’a dit de prendre une petite coquille [de coquillage] pour puiser ton eau14. Prends donc un pot15 que tu rempliras le matin et le soir et cela te suffira pour la journée. » Il dit Tu as raison, je le sais. »Alors Un Côté redevenu entier, retourna auprès de sa mère et ils restèrent ensemble. 16Observons les séquences du mythe dans les deux cas Texte I Texte II — descente et montée dans la maison poisson, noix de coco non partagés rapport à la nourriture les graines non séchées la mère refus de partager, donne un peu seulement la mère injures à Dieu naissance d’un enfant qui n’a qu’un côté honte caché dans la maison, pas de sortie de la maison l’enfant bat les autres enfants, la mère refuse l’arc et les flèches il lui manque une partie d’intérieur en craignant les moqueries provisions données par la mère, il part chercher son côté gravit les sept montagnes marche à travers plusieurs villages ne rencontre personne rencontre deux imbéciles puis les enfants qui se moquent de lui est accueilli par le vieux gardien est accueilli par le raja descend dans une pièce close monte dans la maison du raja solidement fermée remplie d’eau la transformation se produit quand la transformation se produit en pleine nuit le soleil est au zénith se retrouve complet à sa sortie de l’eau se retrouve complet Dieu donne des conseils pour les parents pour la mère avec des menaces l’apparence corporelle du héros n’est pas reconnue étranger le héros donne les conseils aux imbéciles il donne les conseils à ses parents — 16 Dans la suite du texte, les références à ces deux versions seront indiquées par I et II. 17Dans les deux histoires16, l’action se déroule hors du temps et de l’espace. Les sept montagnes » I sont l’expression d’un lieu très éloigné, le plus souvent associé à la présence du dieu, à la fois par la hauteur – comme celle du ciel –, et par le nombre sept – nombre des offrandes offertes au dieu. Les noms de village mentionnés II servent seulement à évaluer la distance parcourue mais le point de départ n’étant pas indiqué par H. Geurtjens, ni le nom du conteur, ni même le lieu où le conte a été donné, il est en réalité difficile d’imaginer le chemin parcouru. 18Le second texte est plus précis en ce qui concerne les détails de la vie quotidienne la maison présentée comme centre des activités et lieu de la naissance, les activités féminines et masculines séchage des grains/chasse, puiser l’eau, faire le vin de palme, la présence du raja comme autorité intermédiaire. 19L’histoire commence parce que les femmes sont mauvaises, injurient Dieu ou se comportent mal. Le thème est récurrent en Asie du Sud-Est, et le sort de l’imprécatrice est le plus souvent lié à la culture du riz, comme le montre par exemple le mythe loloda-galela étudié dans ce numéro par Jos Platenkamp, et/ou à la séparation du ciel et de la terre Terwiel 1994, notamment. À Kei, la conséquence est un mauvais fruit on parle du mauvais intérieur de l’enfant qui n’a qu’un côté, son intérieur, son contenu est en cause. L’action ne se passe pas au grand jour, mais à l’intérieur d’une entité, la maison l’enfant reste caché dans la maison, les graines ne pouvant sécher restent dans la maison et sont menacées de pourriture, puis, pour la résolution de son problème, l’enfant monte dans la maison du raja II, il est enfermé dans une pièce rin pièce latérale de la maison, côté de maison » remplie d’eau I. Le principe de vie 20Examinons le rapport maison-femme-naissance-dieu. Comme on l’a signalé plus haut, les mythes à Kei ont peu de rapports avec les rituels, ne les accompagnent pas, ne font pas de référence directe à des actes rituels ou à l’exécution des règles traditionnelles. Pourtant il nous faut chercher la compréhension de ce rapport établi par le mythe auprès des conditions rituelles qui entourent la mise au monde des enfants pour plus de détails, voir Barraud 1990b, 1998. 21Tout être vivant est doté d’un corps et d’un principe de vie itumun et mat-inya ou seulement d’une peau et d’un principe de vie. Les arbres, les maisons, les voiliers, les gros animaux marins, les porcs, le village, l’île, les êtres humains umat entrent dans la première catégorie ; la plupart des végétaux, les céréales dans la seconde. Les corps de ces êtres sont définis par leur appartenance à la terre de l’île avec laquelle se confond l’existence de la société. 17 Dans des publications précédentes, j’ai appelé principe âme » ce principe de vie mat-inya donné p ... 22Dès qu’une femme est enceinte, un principe de vie mat-inya17 se manifeste. Il est placé dans le ventre de la mère par le dieu Soleil-Lune et par des esprits proches du dieu esprits des fœtus mort-nés et des fausses couches. Des offrandes sont périodiquement offertes aux ancêtres de la maison de la mère, et en cas de difficultés particulières, au dieu, en vue de la réussite de l’accouchement, conçu comme un passage, comme la sortie du chenal vers la pleine mer, comme le départ d’un voilier. 18 L’un des mythes fondateurs de Tanebar-Evav rapporte l’existence d’êtres vivant dans la nuit. Ils en ... 23La naissance a lieu dans la maison, où la femme reste confinée avec l’enfant jusqu’à la cérémonie de nomination. Ce jour-là, l’enfant sera pour la première fois présenté sur le seuil de la maison, son sexe est alors annoncé et on pourra le sortir hors de la maison. L’être humain, appartenant à une maison, groupe social, est reconnu socialement à ce moment-là seulement on dit ntobur aborder, accoster, toucher le sol ». Avant, il existe sous une forme dont le principe d’existence est le principe de vie mat-inya, principe qui anime aussi tout ce qui est considéré comme doué de vie dans cette société, êtres et choses. Ce principe de vie prend ainsi, au moment de l’attribution d’un nom et lorsque l’enfant sort pour la première fois de la maison, la forme d’un corps, maintenant sexué, et les attributs d’un être humain social reconnaissance de l’appartenance à un groupe social, la maison, des relations de cette maison avec d’autres, relations aux ancêtres de sa maison et de la maison de sa mère, relations à la terre de l’île à laquelle sont identifiés la société et ses membres. Sorti de l’utérus maternel, mais encore confiné dans la maison, l’enfant n’est pas un être humain, mais seulement un principe de vie qui voit le jour » nma walean18 ; une fois présenté en dehors de la maison, c’est un être social, doué de corps, donc un être humain complet. 19 D’anciens canons portugais et hollandais font partie des biens précieux offerts lors des cérémonies 24Le principe-corps est sous la sauvegarde de la maison de la mère, comme en témoignent les rituels et prestations offerts lors des mariages, des naissances et des funérailles accouchement et attribution du nom dans la maison de la mère, relation aux ancêtres de la mère auxquels des prestations sont offertes tout au long du cycle de vie, retour du corps sous la forme de la prestation d’un canon19 à la maison de la mère après la mort. 25La complétude des êtres vivants est ainsi constituée de l’existence d’un principe de vie, donné par le dieu, et qui prend la forme d’un corps en relation d’appartenance à un territoire particulier. Pour les êtres humains, le lien au territoire se fait par l’intermédiaire de la maison, lieu de résidence et groupe social. À la maison sont attachées les terres et les fonctions sociales et rituelles. 20 Pour la compréhension du terme idéologie, on renvoie à la définition qu’en donne Louis Dumont ense ... 26Le principe de vie n’est jamais altéré, ne subit aucune transformation, mais peut s’éloigner de sa forme visible, le corps. Celui-ci au contraire, se transforme, suivant l’état de sa relation au principe de vie. À la mort, le principe de vie d’un être humain retourne vers les sept catégories de déités peuplant l’univers, le principe-corps retourne dans la terre. Dans l’idéologie20 de cette société, l’être humain social est la résultante d’un rapport hiérarchique entre le niveau subordonné de la relation entre maisons, manifestée par le principe-corps, et le niveau supérieur de relation, celui de la société confondue avec l’univers, d’où viennent les principes de vie indifférenciés pour animer êtres et choses en relation Barraud 1998 245. 27Des faits évoqués dans le mythe II l’enfant n’est pas encore nommé, il reste caché dans la maison, sa mère lui dit qu’il n’est pas encore une seule fois de sa vie sorti de la maison, on peut inférer que l’être Un Côté du mythe n’est pas encore un être à part entière reconnu socialement. Il n’y a pas eu reconnaissance officielle de son sexe, de son nom, de ses relations, marquée par la sortie de la maison, ce n’est pas encore un être humain. Ce qui lui manque, malgré l’apparence, ce n’est pas un supplément de corps, puisque son corps d’humain n’est pas encore venu à l’existence par la sortie de la maison, mais un complément de principe de vie. Lorsque l’enfant va réclamer son côté manquant, il ne se retourne pas contre ses parents, leurs affins ou ses ancêtres, ceux qui sont responsables de son principe corps, c’est-à-dire la maison de sa mère, ce qui serait le cas si ce corps à un seul côté figurait l’incomplétude du principe corps lors de maladies par exemple, des prestations sont faites aux ancêtres de la mère. Dans le mythe I, l’enfant sort, va à l’école, mais il lui est reproché non sa difformité physique, mais son mauvais caractère, son intérieur. Dans les deux mythes, le petit va vers le dieu, seule instance détentrice du principe de vie, pourvoyeur de mat-inya. Auprès du dieu, il est de nouveau enfermé dans une pièce I ou dans une maison II, comme de nouveau dans le ventre de sa mère ; dans l’une des versions il sort de l’eau complet en plein midi, dans l’autre lorsqu’il voit le jour », il est complet, la transformation s’étant passée de nuit. 28Dans le texte II, il rencontre en chemin des hommes aux apparences complètes mais non socialisés du fait de leur bêtise l’un puise de l’eau avec un contenant si petit qu’à peine de retour chez lui, son eau est épuisée et il doit repartir en chercher de nouveau ; l’autre fait du vin de palme, mais reste à recueillir le liquide qui s’écoule lentement, sans espoir ni d’arrêter le flot ni de s’en éloigner car il serait perdu. Ni l’un ni l’autre ne peuvent rien faire d’autre, ils n’ont pas de vie sociale. Un Côté, redevenu entier, sera l’intermédiaire entre le dieu et les hommes, entre le dieu et les parents, ses conseils se rapportent aux règles de la vie en société. 29Si l’histoire s’arrête là, on a l’impression pourtant que, comme le corps de l’enfant, l’histoire est une histoire tronquée. Si l’on comprend par l’évocation des rituels, que ce côté de corps représente un principe de vie non pleinement accordé, on sait aussi qu’un principe de vie à lui seul, et même entre les mains d’un dieu et de ses anges gardiens les déités, ne ferait pas un être humain et encore moins une société. 30Alors apparaissent dans le mythe des faits ténus qui sont autant d’indices marquant une socialisation probable les deux imbéciles, les enfants qui se moquent, le raja, les conseils à donner aux imbéciles et aux parents. 31On note, dans les deux textes, l’importance du conseil donné sib, sinib. Faire passer un message comme donner des préceptes est une réalité quotidienne. Lorsque les gens se déplacent et lors de toutes cérémonies, même à la mort de quelqu’un, tout le monde a un message à formuler que l’acteur du moment le voyageur, le jeune marié, le mort doit recevoir et transmettre. 32Le contenu du conseil, le message à transmettre de la part du dieu, a son importance ne pas être égoïste ngabetan, à Tanebar-Evav, ne pas blasphémer nar afa sisien, à Kei Kecil. Ngabetan signifie égoïste, qui ne partage pas, pourri, avarié » synonyme du verbe fdak être impoli, ne pas savoir se conduire, être mauvais, pourri » et s’applique d’une manière générale aux êtres comme aux choses arbre, fruit, chair, jardin, dont l’intérieur, le contenu est mauvais sian. Un jardin pourri ne donne pas de fruits, et les graines non séchées II risquent la pourriture. L’état apparent de ce corps incomplet résulte clairement du mauvais état de ce qui est considéré comme l’intérieur de la mère, son comportement vis-à-vis des autres et du dieu. En ce qui concerne l’enfant, les gens disent I ceux qui ont deux côtés, leur intérieur a deux côtés aussi, mais ceux dont le torse n’a qu’un côté et de plus, le côté droit seulement et pas de côté gauche, ils ne peuvent qu’être en colère tout le temps contre tout le monde ». Cet intérieur est qualifié de inan ardeur au travail, humeur, résultat d’une action » ou ralan intérieur, humeur, caractère ». On comprend alors que ce travers de la mère, qui signale un mauvais état de ses relations sociales, conduit à une infécondité sociale la naissance d’un être non reconnu socialement, privé par le dieu d’une partie de son principe de vie, exprimé par l’apparence d’un demi-corps. 33On pourrait s’attendre à ce que les commentaires portent sur la déformation du corps, ils critiquent en fait la mauvaise qualité de l’intérieur. L’hypothèse peut donc être faite que cette partition apparente du corps signale un défaut de principe de vie il y a non complétude du principe de vie, l’intérieur de l’enfant est mauvais aussi, parce que le réceptacle qui devait accueillir le principe de vie, la mère, a un intérieur » pourri, incapable de donner pleinement la vie. 34Pour mieux comprendre le contraste entre principe de vie et principe corps, on peut évoquer des faits complémentaires concernant les causes des transformations du corps. Elles sont généralement l’effet de sanctions infligées par le dieu. Le dieu demande aux esprits de cacher le principe de vie dans des contenants les personnes tombent alors malades, car le principe de vie est éloigné pour un temps. On dit aussi que la peau ou le corps est comme une écorce vide. Le corps devient faible, c’est la maladie, et souvent la mort. 35Dans le mythe, la situation est différente. Ce principe de vie, dont le dieu est maître, est donné en partie seulement à l’enfant en raison de la mauvaise conduite de la mère et doit être réclamé directement auprès de Dieu. Cela ressemble à une leçon de morale sociale, d’éthique, donnée à la mère, les conseils le montrent par la suite. Si la sanction portait sur la mère, elle tomberait malade, son corps en serait affecté. Le message du dieu le dit clairement […] dis à ta mère que la prochaine fois qu’elle blasphème comme ce jour-là, il faut qu’elle sache qu’elle en subira les conséquences encore plus fortes et sur son propre corps ». Le corps 36Comment les corps sont-ils conceptualisés? 37Des compléments d’information, notamment sur la signification des prestations échangées lors des mariages, des funérailles, des constructions de maisons, etc. sont nécessaires à la compréhension de l’aspect étonnant de la partition de l’enfant du mythe. On verra que les biens précieux échangés se rapportent à l’agencement du corps humain. Pour compléter le contraste avec le mythe raconté ci-dessus, on évoquera deux autres histoires montrant comment les corps peuvent être différentiellement tronqués. 38Si tous les êtres humains ont un principe de vie, le corps, pourtant aspect visible extérieur manifestant l’existence du principe de vie, n’a pas chez eux la même valeur. 21 Voir supra, n. 19, p. 56. 39La composition de la compensation matrimoniale, la compensation pour meurtre et les prestations offertes après la mort soulignent cette différence. Au moment du mariage, la prestation principale est le don d’un canon21. On dit qu’il remplace » le corps, le tronc, itumun, de la femme. D’autres prestations l’accompagnent un gong remplace » la tête, plusieurs bracelets et pendentifs de différentes valeurs appelés or » remplacent les membres. La notion de corps, exprimée par le terme itumun, qui désigne aussi le tronc des êtres humains comme des arbres, s’oppose à la notion d’ensemble désignant les membres jean-liman, jambes-mains/bras » par exemple, arriver avec des dons se dit jear-limar ralan, les jambes et les mains pleines » ; arriver les mains vides, sans rien à offrir, se dit itumun wat, le tronc/corps seul ». Dans le cas d’un meurtre, on remplace ces mêmes parties du corps, et un bijou supplémentaire est offert en compensation » pour le sang. Tout au long du cycle de la vie, ce type de prestations est offert à la maison de la mère, qui donne en retour des tissus et assiettes » pour nourrir et habiller » les enfants et les sœurs ». Le tronc-corps s’oppose donc conceptuellement aux membres. 22 La compensation matrimoniale doit être comprise comme une réparation après une destruction, celle d ... 40Cela est la règle générale pour les gens qui appartiennent à une maison, dont on a vu ci-dessus l’importance sur le plan de la constitution sociale des êtres. Les êtres humains qui, pour une raison ou pour une autre– mariage, adoption – quittent la maison, voient ainsi leur remplacement être effectué pour le dommage causé à l’intégrité du territoire22. Les prestations prennent la place de l’être qui n’est plus membre de la maison donc n’appartient plus à la terre où elle se trouve. La même chose est valable pour le voilier, construit dans l’île et vendu » dans les archipels voisins les biens précieux donnés en échange, dont les canons, sont la compensation pour la quille » du voilier. Enfin, lors de la construction de la maison, un canon appelé la poutre faîtière, est offert en complément de la compensation matrimoniale. 41Ces prestations cérémonielles de remplacement » soulignent le contraste entre la partie centrale prise pour le tout et les membres du corps, les côtés de la maison, les parties de la coque du voilier. Elles montrent que le corps humain, comme celui de la maison, comme celui du voilier, comme celui du village, est conçu en trois parties, un centre – le tronc–, et deux côtés – les membres, opposés en droite et gauche la maison a une pièce centrale et deux pièces sur les côtés, le bateau est composé d’une quille centrale et des deux côtés droit et gauche, le village lui-même est constitué de trois parties. C’est le schéma général de constitution des êtres en référence à une terre une partie centrale prise pour le tout et deux parties latérales, de valeur différente, opposées en aîné/cadet, droite/gauche, haut/bas, etc., selon le cas. 42Mais différents types d’humains existent à Kei suivant qu’ils appartiennent à l’ordre social des nobles, à celui des gens du commun ou à celui des dépendants. Les nobles et les gens du commun appartiennent à des maisons, nommées selon les modalités décrites ci-dessus. Les nobles mel-mel grandir, croître, droite » sont soit des autochtones, soit des immigrants des pays alentour venus s’installer sur la terre de l’île. Les circonstances de leur arrivée ou de leur présence sur une terre particulière sont le plus souvent relatées dans une histoire ou mythe qui est une sorte de justificatif et de leur présence et du nom de leur maison et des droits qu’ils ont sur certaines terres. Il en est de même pour les gens du commun, considérés comme étant des autochtones leur nom ren-ren, vient de renan mère » ; ils sont sur les lieux depuis toujours, leur histoire » raconte leurs rapports primordiaux à un lieu, parfois elle relate la création des liens avec les nobles. On naît dans un ordre social, on y reste, à moins de tomber dans l’ordre situé plus bas sur l’échelle. 23 Les guillemets sont ici justifiés par le fait que la littérature sur l’Insulinde a généralement qua ... 24 La différence entre les nobles et les dépendants est maintes fois évoquée dans les mythes, générale ... 43Les dépendants »23 iri ont des origines diverses. Ils ont été capturés à la guerre et appartiennent donc au territoire d’autres villages, ou bien ont été livrés en compensation de morts à la guerre, ou sont des nobles déchus, privés d’une partie de leur statut voir infra, pour un manquement grave à la coutume, généralement lié au mariage mariage hors de son ordre, non respect des règles de la relation entre maisons24. Ils sont attachés à la maison d’un noble, sont appelés les neveux » et ne sont pas membres d’une maison groupe social propre à leur catégorie. Se trouvant hors de l’interrelation entre les maisons, leur existence d’êtres humains n’est pas constituée des attributs de cette relation. S’ils ont un principe de vie, leur corps n’est pas attaché à cette relation entre maisons. En témoignent l’absence d’échange de prestations lors de leur mariage et le fait qu’ils peuvent être donnés à d’autres nobles, passer de maison en maison sans que leur corps soit remplacé » une femme noble, lors de son mariage, pouvait emmener avec elle des dépendants, qui se retrouvaient attachés à la maison de son époux. En témoigne surtout le fait qu’en cas de meurtre, leur corps n’est pas compensé par les prestations offertes pour la mort d’un noble mais que seuls sont compensés les membres, bras et jambes, c’est-à-dire les côtés du tronc. Le corps n’est pas remplacé dans sa totalité. En tant qu’êtres humains, ils sont différents, leur existence étant comme résumée par leur fonction, être des serviteurs, être des jambes et des bras ». Du point de vue du principe-corps, ils ne présentent pas la même complétude que les nobles et les gens du commun, dont le corps, lui, est constitué de la relation entre les maisons. 25 La composition différentielle des êtres que le vocabulaire occidental désigne par un seul terme, ce ... 44En l’absence d’appartenance à une maison, sorte de matrice intermédiaire nécessaire entre la femme et la terre, le corps est constitué autrement. À l’inverse, l’absence de prestations pour certaines catégories de l’humanité montre bien que l’une des constituantes de l’être humain est liée à l’interrelation entre maisons25. Complétude et dissymétrie 45Revenons maintenant à l’opposition entre un centre et des côtés soulignée par les prestations, et à l’histoire d’Un Côté. 46Le nom de cette histoire est Ko Kidkidin, l’enfant qui n’a qu’un côté ». La partie existante de cet être comprend avec précision une partie de torse il n’a de torse que d’un côté », une partie du visage, les membres d’un côté seulement. Cette partition est étonnante en soi à Kei car elle ne correspond pas à la conceptualisation des parties d’un corps humain ou de quelque entité que ce soit. Par rapport à ces entités, un corps incomplet serait représenté comme des membres seuls sans tronc, un tronc sans membres, un tronc sans tête, mais pas par une partie de tronc. 47Le mot côté », kidin, à Kei, s’oppose à kinomóm entier, complet ». Kidin signifie d’abord le côté de quelque chose comprenant deux côtés, le côté en référence à l’entier. Les deux parties s’opposent à un centre, les côtés droit et gauche d’un tout significatif qui constitue une complétude, toujours appelée kinomóm, par exemple, les bords du toit, les côtes de l’île, le nord par opposition au sud, l’est par opposition à l’ouest, etc. Kidin signifie alors aussi direction, aller vers, du côté de ». H. Geurtjens 1921 donne les mêmes sens au mot et par extension, le traduit par moitié ». Pourtant les côtés ne sont pas des moitiés, qui signaleraient l’égalité de deux parties. Lorsque l’on veut exprimer l’idée de l’égalité entre deux choses, on ajoutera alors le terme harmes le même, sans aspérité, plat ». Kidin suggère toujours une partie de quelque chose. Un autre mot, oan, exprime l’idée très générale de partie de », sans inclure d’orientation particulière ni d’opposition à deux termes. Il ne désigne pas une partie spécifique d’un tout significatif on pourrait le traduire par un morceau de », un bout de », comme tout à l’heure dans l’histoire un morceau de poisson, un bout de noix de coco. La référence change, l’accent ne porte pas sur l’entier sous-entendu dans kidin, mais sur la partie seule. La distinction n’est pourtant pas si nette, et dans le texte lui-même, l’orateur dit une fois oan à la place de kidin pour désigner cette partie de l’être qui n’est pas entier. 48Ainsi, l’idée que le mot côté » serait équivalent au mot moitié » semble étrangère aux concepts keyois. Traduire kidin par moitié n’est pas tout à fait exact. L’idée de moitié suppose le deux, la totalité, faite de deux parties égales ; l’idée de côté permet de conceptualiser une totalité faite de deux, de trois ou plus. La moitié suppose l’égalité, l’idée de côté permet par une variété de combinaisons, la dissymétrie. Un côté en suppose un autre, mais entre les deux, sur le plan conceptuel, une possibilité est ouverte, celle de l’existence d’un centre. 26 Cette dissymétrie de l’opposition à trois termes est observable sur les noix de coco. Celles-ci, co ... 27 Cf. la Postface de Louis Dumont 1979 sur l’opposition hiérarchique droite/gauche. 49Je propose alors comme hypothèse de travail que la symétrie d’une apparente dualité un corps qui serait composé de deux parties, comme dans le mythe est à Kei signe d’incomplétude, tandis que la dissymétrie de la triade ou du deux plus un » est l’image de la complétude le corps humain avec des membres des deux côtés et un tronc, la maison avec ses deux côtés et sa pièce centrale, le toit avec ses deux côtés et la poutre faîtière, le voilier avec ses deux côtés et la quille – de même la triade faite d’un aîné, d’un puîné litt. celui du milieu », mat walan et d’un cadet, de même la triade des fonctions rituelles dans l’organisation de la société du village, faite de deux capitaines sur terre » et du capitaine sur mer », Ces oppositions sont toujours orientées contrairement au terme oan évoqué ci-dessus, c’est dire que les deux côtés ou les deux directions ne sont jamais dans la même position par rapport au tout, ne sont pas dotés de la même valeur le nord est le pied, le sud est la tête, par exemple à Kei. Il s’agit d’une opposition hiérarchique27. Ainsi, selon l’une des combinaisons, celle de l’opposition entre un centre et deux côtés, la complétude du corps humain est faite de la dissymétrie du rapport entre le tronc et les membres des deux côtés non équivalents droit et gauche. 50Dans le mythe, l’enfant est appelé kidin, mais il n’a qu’une partie de torse. L’analyse du mythe a suggéré l’interprétation possible que cette partition signifie non un défaut de corps mais un défaut de principe de vie. La complétude conceptuelle du corps en tronc, têtes et membres conduit à une interprétation similaire. Si le corps est composé d’un centre et de côtés, son éventuelle incomplétude devrait être un corps sans tête ou sans membres ou l’inverse, un tronc ou torse seul, tout insécable, remplaçable et remplacé en tant que tout. L’incomplétude signifiée dans le mythe par la présentation d’une partie de corps ne semble pas faire référence à un corps qui n’existe pas encore en tant que partie visible de l’être social complet. L’aberration de cette division visible du corps manifeste l’incomplétude de ce qui n’est ni remplaçable ni visible, le principe de vie. D’autres faits observés dans la société de Kei et présents aussi dans d’autres mythes conduisent à orienter l’interprétation dans ce sens. 51On conçoit en effet à Kei un partage du corps pour signifier l’incomplétude des êtres, du fait qu’ils ne sont pas entièrement définis dans leur corps par rapport à une maison, à la société, à la terre du village. C’est le cas du noble déchu, devenu dépendant », car il a pris pour épouse une femme d’un ordre inférieur. Son principe de vie n’est pas affecté, il ne tombe pas malade, mais on dit qu’il est comme coupé en deux, dans le sens horizontal la partie haute de son corps, jusqu’à la taille, reste noble, la partie inférieure est dépendante », jusqu’à ce qu’il ait donné une prestation un canon pour le corps à la maison d’origine de sa mère pour remplacer son propre corps. Il s’agit bien ici de la composante corps dont la maîtrise se trouve dans l’interrelation entre les maisons. On ne dit pas alors qu’il est incomplet, il reste complet, constitué de corps et principe de vie, mais il est différencié. Ce n’est jamais le cas des femmes, qui deviennent dépendantes cf. infra IV et V et dont les enfants de principe-corps, par défaut de relations complètes à des maisons, sont conceptualisés sous la forme de corps différenciés en parties supérieure et inférieure. Corps incomplets 52Deux autres histoires viennent à l’appui de cette possible interprétation, l’une présentant un tronc/corps sans membres, l’autre des corps coupés à l’horizontale. 53Parmi tous les mythes qui parlent de métamorphoses à Kei, on a choisi celui qui dans sa forme se rapproche le plus des questions posées par cet être à Un Coté mystère de la naissance, difficulté de déplacement, présence d’instruments de chasse, forme humaine récupérée sans intervention divine, mais avec celle des affins. 54En contrepoint, comme à l’autre extrême, c’est l’histoire d’êtres parfaitement socialisés, de naissances réussies, mais de relations sociales mauvaises, qui conduisent à réduire des corps et à les couper en deux ; un changement de niveau est perceptible puisqu’il y a alors une réduction en humanité et en socialité par la division du corps il en résulte des humains dépendants, sans maison. 28 Genre de mollusques laméllibranches, type de la famille des pholadidés, bivalve à coquille blanche ... 55Le premier récit correspond à l’histoire de la pholade28, relevée par H. Geurtjens 1924 159, résumée ici. 29 Siru ordre des Beloniformes, sous-ordre Scomberesocoidei, famille des Belonidae Tylosurus melanot ... 30 Plusieurs histoires recueillies par H. Geurtjens 1924 font état d’êtres qui se transforment en en ... Texte IIIUne femme accouche d’une pholade. Elle n’en veut pas, la jette sur le sable. Sa mère la ramasse et l’élève. Devenu grand, le mollusque demande à sa mère [le texte dit sa mère », c’est en fait sa grand-mère, la mère de sa mère] de lui faire un arc et des flèches pour aller pêcher. Elle commence par refuser arguant qu’il n’a pas de jambes et de bras, qu’il ne peut que rouler sur le sable. Il insiste, elle les fait, il lui demande de les poser sur le sable à la limite de l’eau. Il va sur le rivage, à la limite de l’eau, il enlève sa coquille et la pose, va pêcher, attrape des quantités de gros poissons et animaux marins vaches de mer, une sorte d’orphies29, pieuvres, requins, les laisse sur le rivage, remet sa coquille et va chercher sa mère pour lui demander de ramener le poisson à la maison. Elle ne le croit pas, finalement va voir et passe des heures à griller et fumer le poisson pour le conserver. Cela dure comme cela jusqu’au jour où le mollusque ayant grandi demande à sa mère de lui chercher une épouse. Elle se lamente Tu n’as pas de jambes ni de bras, pas d’oreilles, pas de visage, tu ne peux que rouler sur tes langes, n’en parlons plus. » Il insiste, elle finit par y aller, parcourt tout le pays, raconte l’histoire de la pholade, tout le monde lui rit au nez épouser une pholade? On aurait peur ! Elle arrive enfin dans un village important, celui d’un raja qui a sept filles, demande, et devant le raja incrédule, raconte une fois de plus l’histoire de la pholade. Le raja ne fait qu’en rire mais décide de demander d’abord l’avis de ses filles. Elles refusent toutes, sauf la septième, Watwarin [ femme cadette »], qui accepte de faire ce que son père lui demandera. Le raja demande alors si la pholade est capable de donner la compensation matrimoniale. Il exige un gros morceau d’or devant chacun des huit piliers de sa maison, et dans la pièce centrale de sa maison quatre grandes jarres pleines d’or. Le mollusque s’engage à répondre à cette demande dès le lendemain matin, et leur demande de ne pas avoir peur si durant la nuit, le tonnerre gronde. Le lendemain matin, tout est là, avec en plus deux canons. La mère apporte le mollusque près de la jeune fille et ils se marient. La nuit, la jeune fille emporte son mari dans sa chambre, les autres entendent parler dans la chambre nuptiale, ne comprennent pas. Ils sont fous de curiosité, tous les soirs ils entendent parler, le matin ils ne voient que la pholade, ils interrogent la jeune fille, elle ne dit rien. Ils trouvent alors un subterfuge. Tous les villageois se rendent dans un village voisin pour une fête, mais la femme du raja fait semblant d’avoir oublié quelque chose et revient épier la pholade. Elle voit que le mollusque enlève sa coquille, s’habille d’habits tout en or et monte à cheval. Il arrive au village où se déroule la fête, reste à la lisière, les gens le voient arriver et le trouvent tellement beau qu’ils disent que c’est un vrai noble envoyé par Dieu. Il refuse le meilleur bétel qu’on lui offre, n’accepte que le bétel ordinaire que lui offre son épouse Watwarin. Sans explication, il repart, rentre au village, veut remettre sa coquille, mais l’épouse du raja l’a écrasée, mise en petits morceaux et jetée à la mer. Il cherche partout, ne trouve rien, pleure, sa peau tremble de chaud, de froid, il meurt presque. L’épouse du raja a peur, prépare alors un décocté de courges avec laquelle elle bassine le corps. Le raja et ses gens revenus de la fête font la même chose. Ils le bassinent sans interruption, il vit, il reste un humain pour toujours. Les sœurs de son épouse sont jalouses, le veulent pour époux, elle refuse et dit Vous n’en vouliez pas autrefois, vous faisiez les dégoûtées, et moi seule j’ai accepté un époux qui ne ressemblait à rien ; et maintenant il est redevenu un homme beau et noble, nous sommes mariés depuis longtemps, Dieu le sait, celui qui nous séparera n’est pas encore né30! » 31 Nabi prophète ». À Kei, sont nommés ainsi deux esprits proches du dieu dont l’un, masculin, prot ... 32 Le corps est aussi appelé ilin ran le contenu, l’intérieur de la peau ». Ran vient de ralan l ... 56Dans cette histoire, l’enfant qui roule, fait d’une coquille bivalve sans bras ni jambes, est un corps privé de ses membres, un tronc seul, partie centrale et supérieure du corps, ou encore la partie prise pour le tout le tronc mis pour le corps dans les prestations de mariage. Cette peau, la coquille, enveloppe un être supérieur, dont la beauté et la noblesse sont manifestes sans le support d’un principe corps, c’est donc un principe de vie supérieur, mais visible. Les gens trouvent qu’il ressemble à un envoyé de Dieu, duad nabi31, c’est dire qu’il est du côté de ceux qui contrôlent le principe de vie. Peau et corps sont équivalents, mais comme on le sait, le corps n’est que l’aspect visible du principe de vie32. L’être montre ses capacités complètes il roule sur lui-même, mais est capable d’attraper les plus gros poissons et animaux marins. Il peut se marier. Cette peau enveloppe un homme complet, le plus noble possible. Pourtant, s’il n’a pas un défaut de principe de vie, il a un défaut de corps, il est une coquille sans membres. De nouveau la mère est en cause, la mère de sa mère l’élève elle représente sans doute les affins d’affins, mais il est à la fois détruit puis sauvé par ses propres affins, pourvoyeurs de corps en principe à la génération suivante, ceux de ses propres enfants. On peut supposer que les femmes sa mère et sa propre épouse sont originaires de la même maison si le mariage avec la cousine croisée matrilatérale a été régulier. On peut aussi prendre en compte les sauts de générations sa grand-mère l’élève, sans lui donner de corps, alors que sa mère devrait le faire la mère de sa mère représente les affins de son propre père ; ses propres affins lui donnent un corps, alors qu’ils devraient le donner à leurs enfants. Dans une mauvaise relation avec ses affins, ceux-ci en le privant de coquille le privent de corps, de contenant. Le corps est l’élément lié à la relation entre maisons, et particulièrement à celle du frère de la mère. Dans une société où la règle est le mariage avec la cousine croisée matrilatérale, on peut aller jusqu’à dire que ceux qui lui brisent sa peau sont ceux-là mêmes qui sont à l’origine de ce corps-coquille-tronc. 57Privé de cette relation fondamentale constitutive de tous les êtres humains nobles – la relation à des maisons –, il perd presque l’existence. Rejeté par sa mère, élevé par la mère de sa mère donc ceux qui sont responsables du principe-corps, il se réalise comme noble et être humain par son mariage mariage dans son ordre social ; il est noble et épouse la fille d’un raja ; il donne la compensation matrimoniale, et survit après la reconnaissance de sa noblesse et de son existence par ses propres affins. 58Dans le premier mythe textes I et II, la relation à Dieu est mauvaise et concerne le principe de vie, qui apparaît sous la forme d’une partie de corps ; dans cette deuxième histoire, la relation aux maternels et aux affins est mauvaise, et concerne le principe corps/peau, qui enveloppe un principe de vie supérieur, visible sous la forme d’un tronc partie mise pour le tout sans membres. 59Enfin, une dernière histoire, celle du raja qui a sept épouses, semble inverser les séquences des deux premières, avec les mêmes éléments. Cela commence toujours par une naissance. 60Il existe deux versions rapportées par H. Geurtjens 1924 33, 107, présentées brièvement ici. Texte IVLa septième co-épouse appelée Watwarin, femme cadette d’un raja noble est enceinte. Le raja part en voyage au loin. Elle est maltraitée par les six autres stériles refus de nourriture, elle accouche de cent garçons et d’une fille qui naît avec en mains un petit couteau et une pierre de foudre, immédiatement jetés à la mer à la dérive dans une caisse par les six co-épouses qui de plus font subir à leur mère Watwarin des sévices corporels elles lui bouchent les yeux et les oreilles comme on le fait pour saler un poisson. De multiples péripéties permettent leur survie et se manifestent alors les facultés extraordinaires du fait de sa noblesse de l’unique fille maison et bateau qui apparaissent par enchantement, rencontre de son père le raja qui veut l’épouser, métamorphoses des frères en chèvre puis en humain de nouveau, mort et résurrection du raja. Finalement, c’est le retour au village d’origine, les six mauvaises co-épouses sont confondues et sanctionnées le voilier est tiré au sec en roulant sur leurs corps mis à la place de rondins perpendiculairement à la quille, et leurs corps sont écrasés en leur milieu. La jeune fille a pitié, propose de les retransformer en humain, découpe leurs corps par le milieu avec son petit couteau de naissance pour les détacher de la quille du bateau qui du coup glisse vers la mer, les corps sont en deux morceaux, elle les refait entiers kinomón avec sa pierre noire [ elle fait en sorte que le cœur et la peau refasse un entier »]. Les six mauvaises co-épouses deviennent ses dépendantes et la servent. Elles continuent cependant à être jalouses, la jeune fille meurt, puis le raja inconsolable meurt à son tour. 33 D’autres histoires évoquent le passage du voilier sur des corps, dans certains cas comme sanction d ... Texte VDans la seconde version, plus courte, la septième co-épouse Watwarin, après le départ du raja au loin à Java, est abandonnée sur un récif en pleine mer par les six mauvaises co-épouses. Elle transforme le récif en petite île où elle accouche d’un garçon. Elle le transforme en oiseau blanc qui scrute la mer du haut d’un aréquier qui a poussé là. Ils sont finalement repérés par le bateau du raja de retour de Java, ils sentent mauvais, sont lavés et habillés, mis dans le coffre à tissus offert aux six mauvaises co-épouses, qui s’évanouissent quand elles voient le contenu. Le bateau est remorqué sur leurs corps, qui sont écrasés [au point que les dents sont mises à nu »]. L’oiseau redevient un homme. Il découpe les rondins-femmes en leur milieu avec son petit couteau. Il oriente son couteau vers les corps qui redeviennent entiers, il répète son geste, les corps bougent une fois encore, et elles ouvrent les yeux, encore, elles se lèvent et s’assoient, encore et elles s’accroupissent, encore et elles se mettent debout, encore et elles s’enfuient. L’une cuisine pour lui, l’autre balaye la cour, l’autre lave ses vêtements, l’autre puise son eau et ramasse son bois. Elles sont ses dépendantes iri, servantes attachées à sa maison33. 34 Rappelons que le bateau est à Kei comme l’image de la société Barraud 1985, 1995. 61Une fille dans une histoire, un garçon dans l’autre, après avoir sauvé leur mère, redonnent la vie aux co-épouses de leur mère, coupées en deux morceaux. Ici, la coupure est dans l’autre sens. Ce sont des corps entiers, devenus rondins ou cales du voilier, écrasés par la quille, et pour leur redonner vie l’enfant est obligé de les couper en deux, de les détacher de la quille en les découpant dans le sens horizontal les deux parties du corps sont remises ensemble par une nouvelle peau, c’est-à-dire un nouveau corps. Leur vie revient, mais leur corps est alors celui des dépendants, réduits à des membres. Et il s’agit de cales de bateau34 ; les cales sont comme un soutien, les bras et les jambes. La mise en dépendance est effectuée en coupant les corps par leur milieu dans le sens horizontal. Tout est donc inversé dans cette histoire, le déroulement de l’histoire d’abord, la relation entre générations les co-épouses deviennent des dépendantes dont le terme d’adresse est neveux-nièces » des enfants de l’héroïne, le sens de la découpe haut-bas qui libère les femmes et le voilier. Les femmes, cependant, doivent être refaçonnées, et là interviennent des éléments que l’on trouve ordinairement associés à la construction et aux rituels pour le voilier. Les rondins sur lesquels repose la quille du voilier en construction sont comme la mère » du voilier, nourris d’offrandes lors de sa construction, les deux pierres noires sont utilisées lors du rituel du premier voyage du voilier. L’ensemble du cérémonial du voilier est en relation avec la naissance et les rituels de naissance Barraud 1995. On est donc ici encore dans la venue au monde social. 35 Voir supra, n. 23, p. 60. 62La coupure du corps dans le sens horizontal rappelle la partition figurée du noble qui se marie hors de son ordre social cf. supra. Ce type de partition entre le haut et le bas semble indiquer le rejet de ce qui est mauvais pour garder une partie censée être meilleure. Dans le mythe ci-dessus, l’ensemble du corps recomposé » est considéré comme mauvais, ou du moins, mérite d’appartenir à l’ordre des dépendants. Il existe un cas rituel de partition horizontale, non d’un corps mais du voilier, homologue du corps humain. Il s’agit du voilier des maladies, voilier miniature constitué de la partie avant seulement de la coque, envoyé en mer pour éloigner les maladies de l’île. Sa forme suggère sans équivoque l’impossibilité de son retour. Il part chargé de ce qui est mauvais et ne doit pas revenir. La coupure des corps dans le sens horizontal est donc conceptualisable en relation avec l’idée de mauvais, nuisible, dangereux, associé à l’ordre des dépendants35 et à la partie basse du corps noble déchu. 63Sur le plan du rapport à la société, les trois types d’histoire montrent trois manières différentes d’être partagé et trois types de relations sociales. La première qui présuppose la dualité symétrique de deux parties, la réunion de deux parties identiques, figure le non-être. On voit l’enfant en partie constitué, avec une partie de torse, c’est-à-dire la partie centrale tronquée. C’est un être pour partie vivant, mais pas encore un être humain social. Il va lui-même chercher son autre moitié auprès du pourvoyeur de principe de vie, le dieu. Quand il revient, on voit son corps, on le prend pour un étranger, c’est-à-dire non encore intégré dans la société. Dans l’une des deux versions, il rencontre deux imbéciles, eux aussi non socialisés puisqu’ils n’ont pas le temps de faire autre chose. Les conseils du dieu les libèrent. La socialisation deviendra alors possible pour tous, devenus des êtres humains complets, dans le cas de l’enfant à partir d’un principe de vie entier dans un corps reconnu comme tel, dans le cas des deux hommes, à partir de leur possible participation aux activités sociales. 64Dans la deuxième histoire, celle de la pholade, l’être humain complet est enveloppé d’une coquille sans membres, une partie centrale sans côtés, recouvrant un homme noble, dont le contenu, lorsqu’il devient visible, est supérieur. La socialisation n’est cependant pas bonne rejet par sa mère, mais le mariage lui fait recouvrir sa forme complète provisoirement. La mauvaise relation avec les affins met son corps en péril destruction de l’enveloppe-coquille, puis les soins que ces derniers donnent à son corps d’homme social marié et la reconnaissance par les affins relancent sa vie et celle de la société. Les affins apparaissent comme les garants du principe corps de l’être, comme le souligne le nom des prestations de mariage qu’ils offrent, nourrir-habiller » avec des assiettes et des tissus » les membres de la maison où s’est mariée une femme. 65La troisième histoire présente des êtres complets, femmes mariées, socialisées, nobles, épouses de raja. Leur mauvais comportement les réduit à remplacer des rondins, à être coupées de leurs relations sociales traditionnelles et à devenir des dépendantes, détachables de la maison comme leurs corps l’ont été de la quille du voilier. Dans ce cas, les corps sont coupés en deux, dans le sens horizontal, comme celui du noble, qui, après le mariage avec une femme d’un autre ordre social est coupé » en deux le bas appartient à l’ordre des dépendants, le haut est noble. L’absence de symétrie entre les deux parties, le haut et le bas du corps, signale l’orientation en valeur de ce découpage. 66Sur le plan des séquences du mythe, dans toutes les histoires, il y a d’abord une naissance qui, si elle est bien faite, devrait être la mise en place d’un être humain social, principe-corps et principe de vie confondus. Cet être n’est complet, selon les critères de la société de Kei, que doté des attributs de la maison à laquelle il appartient, maison qui elle-même n’a d’existence que dans la relation aux autres maisons. Dans le rapport à ces relations constitutives, tous les êtres ne sont pas complets, socialisés de la même manière. Les différents statuts reflètent la présence ou l’absence de relations. 67En référence à cette prétendue naissance, il faut souligner, dans ces trois mythes, le contraste entre l’absence de relations dans le premier, et les mauvaises relations dans les deux autres. Comme on l’a signalé plus haut, les mauvaises relations ont pour conséquence une diminution du corps, ici tronc seul ou corps coupé en deux à l’horizontale. Le premier mythe, en revanche, évoque la non-relation. Dans le texte I, Un Côté n’a pas de sexe et son sexe n’a d’ailleurs pas d’importance, il n’a pas non plus de nom. Il est appelé ko, petit », untel ». Nulle part il n’est nommé par le terme enfant », yanan, qui poserait la relation à la mère. Celle-ci est génitrice, mais non mère. Appeler l’enfant yanan, terme de parenté, serait l’inclure dans une relation de parenté où son sexe serait significatif, en tant que frère ou sœur, époux ou épouse, c’est-à-dire en tant que partie d’une paire ou d’un couple significatif. Dans le mythe, l’être n’est même pas encore un entier. 68Il y a ensuite un rapport à la nourriture la donner, la refuser, pêcher ou chasser ; il y a une sortie du territoire vers la montagne du dieu, vers un autre village, en mer, au loin, vers Java, puis, retour avec une reconnaissance sociale, distincte selon les histoires, et selon qu’elles portent sur tel ou tel constituant des êtres principe de vie, principe-corps, appartenance aux maisons. Ces différentes étapes correspondent aux étapes de la constitution des êtres humains sortie de la maison, reconnaissance des relations entre maisons et de la relation à un territoire donné. 69Enfin, sur le plan du rapport entre partie et totalité, les trois mythes, qui présentent des êtres tronqués un être non encore humain qui n’a qu’un côté, un être sans membres dont le contenu est noble, des êtres humains coupés en deux à l’horizontale du fait de leurs malversations et devenus dépendants confirment l’hypothèse que la symétrie celle qui est inférée par un corps qui serait partagé en son milieu suggère un non-être. La dissymétrie de deux parties jamais équivalentes corps sans membres, corps divisés en partie haute et partie basse non symétriques, auxquelles sont attribuées des valeurs différentes comme parties d’un tout composé de deux côtés opposés à une partie centrale, figure au contraire la complétude deux plus un. Dans le cas du mythe d’Un Côté, la division du corps exprime le degré zéro des relations constitutives des êtres relation incomplète de principe de vie avec le dieu et l’univers, en l’absence de relation de principe-corps résultant de la reconnaissance de la relation entre maisons. Dans cette optique, le deux et la symétrie figurent la non relation et l’impossibilité de la relation, le trois et la dissymétrie figurent la relation, la potentialité pour la société de concevoir la relation. Les anciens Perses les vénéraient comme les larmes des dieux. Pour les Grecs de l’Antiquité, c’était des gouttes de rosée qui tombaient du ciel à la pleine lune. Les anciens Polynésiens les considéraient comme un cadeau du dieu de la paix, Oro, à sa princesse bien-aimée. Il ne fait aucun doute que la signification des perles est entourée de mythes aventuriers. Ce n’est pas sans raison que le collier de perles est l’un des trésors les plus mystérieux de la boîte à bijoux. Allons au fond de ses secrets. La véritable origine du collier de perles Aussi beaux que soient les mythes des Grecs, des Perses et des Polynésiens, ils sont tous faux. La perle n’a rien à voir avec la magie. Dame Nature l’a créé et le fait encore. Au fond de la mer, sous la protection du coquillage, les beautés mûrissent – sans la main de l’homme. Mais il y a aussi des perles où l’homme a ses doigts dans la tarte. Il s’agit de perles de culture. Elles sont cultivées sur des bancs de moules et transformées en bijoux. La culture des moules est particulièrement prononcée en Chine, au Japon, en Indonésie, en Australie et aux Philippines. Le collier de perles en cadeau – un bijou, plusieurs significations Amour, sagesse ou pouvoir – même dans les temps anciens, les peuples étaient divisés sur la signification de la perle. Et cette énigme se poursuit encore aujourd’hui. La petite merveille de la nature est toujours considérée comme un joli faiseur de mystères. Le collier de perles comme preuve d’amour Aujourd’hui est un jour spécial. Votre partenaire vous offre un cadeau. Plein d’attente, vous ouvrez la boîte à bijoux plate. Un collier de perles apparaît. Comment pouvez-vous comprendre cette attention? Cela ressemble à une preuve d’amour. Dans la culture hindoue, les perles étaient connues comme un symbole d’amour et de pureté. Les propriétaires de colliers de perles peuvent donc être heureux ils ont gagné le cœur de quelqu’un. Le collier de perles comme dot de mariage Les perles apportent des larmes – c’est du moins ce que dit une vieille sagesse. Ce n’est pas pour rien que beaucoup de mariées superstitieuses se passent de leur collier. Le chagrin, les larmes et la tristesse n’ont pas leur place dans leur mariage. Mais ne vous inquiétez pas seules quelques mariées prennent le vieux mythe au sérieux. Ils cherchent courageusement un collier de perles. Il serait dommage qu’ils ne le fassent pas. C’est surtout dans le blanc et l’ivoire que la préciosité est faite pour la robe de mariée. Elle caresse doucement la peau nue, flatte le teint et s’harmonise parfaitement avec la robe. Et d’ailleurs, qui parle vraiment de larmes de tristesse? Pourquoi ne serait-ce pas des larmes de joie? Le collier de perles en guise de remerciement Vous avez payé la caution d’un ami? Vous ne pouvez pas refuser un vœu à votre sœur? Votre partenaire peut toujours compter sur vous? Cela ressemble à de la vraie loyauté. Mais la loyauté n’est pas une évidence. L’altruisme et la serviabilité méritent d’être reconnus. Mais parfois, un mot d’appréciation ou une chaleureuse étreinte ne suffit plus. Un remerciement plus noble s’impose, comme un collier de perles. On dit que l’honnêteté et la loyauté sont des perles. Ils sont le cadeau idéal pour une personne loyale et compréhensive. Le collier de perles comme preuve d’amitié Qu’il s’agisse de bagues d’amitié, de bracelets d’amitié ou de pendentifs d’amitié, la solidarité a de nombreux visages. L’un de leurs plus beaux visages est le collier de perles. Qui peut mieux chérir l’amitié que la délicate vannerie? Même dans les temps anciens, l’amitié était scellée par des perles. De bonnes connaissances ont exprimé leur attachement aux bracelets et colliers de perles. Le monde entier devrait voir leur bonheur. Le collier de perles comme souhait de rétablissement Les temps difficiles sont derrière vous. Surtout votre santé a laissé à désirer. Un soutien moral est ce dont vous avez besoin maintenant. Le collier de perles est l’un de ceux qui ne vous quitteront pas dans les moments sombres. Il s’enroule gracieusement autour de votre cou et ne bouge jamais. Mais la beauté n’est pas sa principale préoccupation. De plus, elle est censée faire avancer la guérison. C’est ce que disent les légendes. On dit que la perle a des pouvoirs de guérison. Le bijou est d’autant plus populaire qu’il s’agit d’un cadeau de convalescence. Chaque fois que le corps et l’esprit deviennent fous, il est utilisé. Avec un peu de chance et de confiance, il contribue au bien-être sur les sauts. Le collier de perles comme reconnaissance à la mode La mode est votre terrain de jeu préféré. Ils ne suivent pas les tendances, ils les créent eux-mêmes. Leur apparence est celle d’une œuvre d’art – extravagante et distinctive. Pas étonnant que vous soyez un modèle de mode. Lorsque vous achetez des cadeaux, vous rendez les choses difficiles pour les autres que donnez-vous à quelqu’un qui comprend le mieux la mode elle-même? Que diriez-vous d’un collier de perles? Pour l’amateur de mode, le beau classique est un honneur, une forme de reconnaissance. Votre message Félicitations, vous avez du style. Même les plus grandes icônes de style ne pourraient pas se passer de ces bijoux, ma chère. Qui ne connaît pas le pompeux collier de perles d’Audrey Hepburn depuis le petit déjeuner chez Tiffany’s? Marlene Dietrich n’est pas seulement connue pour son pantalon Marlene, mais aussi pour son amour des perles. Même la diva du cinéma italien Sophia Loren a su utiliser l’effet des perles pour elle-même – tout comme Coco Chanel, le collier de nacre. Elle a pimenté son costume avec plusieurs couches de perles. Le collier de perles comme porte-bonheur L’entretien pour l’emploi de rêve, le premier rendez-vous, l’examen final – parfois, il faut une dose supplémentaire de chance. Croiser les doigts ne suffit pas. Nous avons besoin d’un porte-bonheur. Bien sûr, la plupart des gens ont en tête les classiques comme le cochon porte-bonheur, le fer à cheval ou la coccinelle. Mais ils peuvent aussi être des vœux de bonne chance plus originaux. Que pensez-vous du collier de perles? Ce collier intemporel a déjà porté chance à de nombreuses femmes soucieuses de la mode. Et le mieux, c’est que si la chance n’arrive pas malgré le collier de perles, le destinataire a toujours un joli bijou neuf. Le collier de perles en héritage D’arrière-grand-mère à grand-mère à mère – le collier de perles est en possession de la famille depuis de nombreuses générations. Il n’est plus le plus jeune. Mais c’est exactement ce qui est si beau. Que ce soit lors de mariages, de baptêmes, d’enterrements ou de défilés, le bijou était toujours là. Toutes les histoires les plus passionnantes s’accrochent à ses perles. Maintenant, l’héritage familial vous est transmis. Désormais, elle décorera votre cou lors de mariages, de fêtes de fiançailles, d’anniversaires ou de soirées élégantes. Un grand honneur vous est fait. C’est maintenant à vous de remplir le trésor de nouveaux souvenirs. Le collier de perles comme panneau indicateur Il y a des moments où nous perdons notre orientation. Soudain, le monde s’arrête. Si seulement nous avions un petit indice. Les colliers de perles nous donnent un indice. Le bijou propose des solutions que nous ne pouvons pas voir par nous-mêmes. Elle révèle les traumatismes et les blocages qui nous habitent et nous réconforte à travers la douleur, les conflits et les déceptions. Les colliers de perles sont d’autant plus souvent donnés en guise de signalétique. Dans les périodes sombres, ils sont un soutien pour nous. Les nombreuses facettes du collier de perles Il ne fait aucun doute que le collier de perles lui-même est une affirmation. Le classicisme, la grâce, la loyauté, le bonheur, l’amour et la pureté en émanent. Il ne fait aucun doute que le collier de perles lui-même est une affirmation. Le classicisme, la grâce, la loyauté, le bonheur, l’amour et la pureté en émanent. La nature de la perle est tout aussi importante. Chaque pièce transmet son propre message. Mais laquelle? Jetons un coup d’œil à l’encyclopédie des perles. La perle d’eau douce, symbole de pureté La perle aux mille visages est ce que nous appelons le trésor de l’eau douce – à juste titre. Sa variété de couleurs est étonnante. Tantôt il brille dans un blanc sensuel, tantôt dans un rosé romantique, tantôt dans un saumon éclatant. Même dans un ton violet intense, elle nous rencontre. Mais toutes ces belles nuances ont une chose en commun elles représentent la pureté et l’innocence. Ce n’est pas sans raison qu’ils sont un cadeau de mariage populaire. Ils donnent à la nouvelle mariée un morceau de grâce dans le mariage. La perle de Tahiti – l’art de la séduction C’est le pendant de la perle d’eau douce – la perle de tahiti. Nous l’appelons aussi la sombre beauté. Il doit son surnom à sa couleur sombre et sensuelle avec un vert noble et chatoyant. Mais l’obscurité n’est pas la même chose que le noir. Son spectre de couleurs va du noir profond au gris argenté et au violet vert. Mais aussi différentes que soient les nuances, elles ont toutes une chose en commun ce sont des artistes de la séduction. Aucune perle n’est aussi sensuelle et séduisante que la perle de tahiti. Bien sûr, les femmes aiment se gâter avec cette sombre beauté. Mais il arrive aussi qu’elle les reçoive en cadeau, généralement de son propre partenaire. Qu’il s’agisse d’une noble surprise d’anniversaire, d’un moment fort sous le sapin de Noël ou d’un petit cadeau entre les deux, les perles de Tahiti saisissent toutes les occasions de mettre en valeur l’élégance féminine. Il y a une occasion qui convient particulièrement à cet artiste séduisant la Saint-Valentin. Imaginez un peu Lors d’un dîner romantique aux chandelles, votre cavalier vous offre une boîte noble. On l’ouvre avec tension. Les petites perles sombres scintillent vers vous dans la douce lumière de la bougie. Si ce n’est pas une preuve d’amour avec effet wow. La perle des mers du Sud – la reine des perles Quiconque reçoit des perles des mers du Sud en cadeau peut s’estimer heureux. Quelqu’un se soucie d’eux. Après tout, la perle des mers du Sud n’est pas n’importe quelle perle. Elle est la reine de tous les joyaux. Sa seule taille est quelque chose de spécial. Elle pousse entre dix et douze millimètres. Ni la perle d’eau douce ni la perle de Tahiti ne peuvent lui faire concurrence. En moyenne, la perle met deux ans à arriver à maturité. Et cela a son prix. Ce n’est pas sans raison que la perle des mers du Sud est l’un des plus grands trésors du marché de la bijouterie. Mais ce n’est pas seulement sa taille qui est presque magique. Son chatoiement satiné est également enchanteur. En blanc et beige, elle paraît élégante et sublime, en or, elle est élégante et luxueuse. La perle d’Akoya – le petit trésor La délicate contrepartie de la perle des mers du Sud est la perle Akoya, également connue sous le nom de perle originale. Ses racines remontent au début du XXe siècle. Les premières perles Akoya ont déjà été obtenues au Japon en 1916. Depuis lors, il est impossible d’imaginer une boîte à bijoux sans eux. Se faire remarquer à tout prix n’est pas son style. Ils préfèrent garder un profil bas. Les petites perles blanches ornent habilement la région du cou, mais ne sont jamais au centre de l’attention. Et c’est précisément ce minimalisme séduisant qui les rend si populaires. Il n’y a pas de regard auquel ils ne correspondent pas. Que ce soit avec une tenue de bureau chic, une robe de soirée fluide, une robe de cocktail aguichante ou comme accroche-regard avec un jean et un T-shirt – la versatilité est leur marque de fabrique. Mais la perle Akoya n’est pas seulement polyvalente en matière de style. Il transmet également une grande variété de messages en guise de cadeau. Parfois, c’est une preuve d’amour. Parfois, le meilleur ami la surprend. De temps en temps, il exprime une appréciation. Parfois, il veut dire merci. Quoi que vous vouliez dire, dites-le avec les perles d’Akoya. Tags Collier, collier de perles, collier femmes

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